CÔTE D’IVOIRE-SAN PEDRO: DES BURKINABÉ BANNIS D’UN VILLAGE APRÈS UN MEURTRE…LES EXIGENCES DES KROUMEN, L’AMBASSADEUR DU FASO “PREND ACTE”

CÔTE D’IVOIRE-SAN PEDRO: DES BURKINABÉ BANNIS D’UN VILLAGE APRÈS UN MEURTRE…LES EXIGENCES DES KROUMEN, L’AMBASSADEUR DU FASO “PREND ACTE”

Une rencontre de haut niveau à laquelle ont pris part le corps préfectoral du département de San Pedro dirigé par le préfet de région de San Pedro, Ousmane Coulibaly, Mamadou Zongo, Ambassadeur du Burkina Faso en Côte d’Ivoire, les Sénateurs Gosso Yabayou Alphonse, maire de la commune de Grand Bereby et Yebarth Lato Justin, les Députés Kah Toh Bernard et Hie Pawa Cyrille et Donatien Beugré, Président du Conseil Régional de San Pedro, s’est tenue, le vendredi 03 mai 2019, dans le village de Ouro, Sous-préfecture de Grand Bereby.
Si pour le diplomate Burkinabé, il s’agissait surtout d’apporter la compassion de l’État Burkinabé aux autochtones Kroumen après le crime atroce qu’a commis un de ses compatriotes dans le village de Ouro, cette rencontre a surtout permis aux parents de la victime de prendre plusieurs décisions importantes. Et ce, en s’appuyant sur les uns et coutumes intervenant en pareilles circonstances.
« En d’autres circonstances, l’Ambassadeur du Burkina Faso en Côte d’Ivoire et toute la forte délégation qui vous accompagne, les parents Kroumen, afin de sacrifier à la tradition, vous auraient offert la cola, un des symboles de l’hospitalité qui a toujours caractérisé le peuple Kroumen. Mais aujourd’hui, ils ne le feront pas, m’ont-ils chargé de vous le dire, pour les raisons que vous connaissez déjà et qui justifient votre présence dans ce village (Ouro), chef-lieu de la tribu Piais », a d’abord indiqué Donatien Beugré, président du Conseil Régional de San Pedro, à l’entame de cette rencontre avant de faire savoir ce qu’ont décidé les autochtones Kroumen.
« En pays Kroumen, il est formellement interdit de verser le sang humain. Cette règle est valable pour tous, aussi bien pour les Kroumen eux-mêmes que pour les frères avec lesquels nous vivons. Quand cette règle est violée, la sentence, c’est le bannissement. Les parents ont donc décidé du bannissement définitif de l’auteur de ce crime ainsi que de ses proches ;du bannissement pour sept années des ressortissants burkinabé qui ont refusé de respecter l’interdiction d’aller dans les champs après la commission du meurtre et le bannissement temporaire des autres Burkinabé du village de Ouro le temps que soit fait le rituel de purification des terres. Les parents Kroumen souhaitent que les enfants du défunt soient pris en charge et qu’une autorité de l’État de Côte d’Ivoire vienne à Ouro leur apporter la compassion de l’État. Ils ont, enfin, décidé qu’il n’y ait plus de campement Burkinabé et que tous viennent vivre avec eux dans le village de Ouro », a fait savoir Donatien Beugré, porte-parole pour la circonstance des autochtones Kroumen.
Le rituel de purification aura lieu le 15 mai prochain. Pour ce faire, les parents de la victime exigent 2 bœufs, 2 cabris, deux poulets blancs, 10 casiers de vin, 10 casiers de bière, 10 casiers de sucrerie, 12 bouteilles de Gin, un carton d’autres types de liqueur, 5 sacs de riz, du sel, du piment et une bouteille d’huile rouge.
« La justice sera faite. Et vous pouvez compter sur moi pour cela (…) Soyez indulgents. Sachez que le pacte de non-agression qui a été signé entre communauté Kroumen et Burkinabé n’a pas été brisé. Cet acte est un acte isolé. Je demande votre indulgence », a souhaité, avant de se retirer, Ousmane Coulibaly, préfet de région, préfet du département de San Pedro.
L’Ambassadeur du Burkina Faso en Côte d’Ivoire, avant d’exprimer la compassion de son pays à la communauté Kroumen de Grand Bereby, a d’abord pris acte de la décision des Kroumen et leur a ensuite demandé pardon. Il a offert la somme de trois millions de francs CFA à la famille éplorée et a pris l’engament de rendre fidèlement compte de tout ce qui a été dit et décidé à sa hiérarchie.
Pour rappel, c’est le jeudi 4 Avril dernier que Goué Poly Roger, la cinquantaine, docker au port autonome de San Pedro, revenant du travail, a été sauvagement assassiné vers 19 heures par un ressortissant Goursi du nom de Yarro Idroussou. Goué Poly Roger laisse derrière lui une veuve et sept enfants.
CHARLES HINE, afriksoir.net

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