Pdci-Rda/Le président Bédié sur france24: «J’espère vivement que Gbagbo soit libéré et qu’il rentre en Côte d’Ivoire…» (interview-vidéo intégrale avec france24)

Pdci-Rda/Le président Bédié sur france24: «J’espère vivement que Gbagbo soit libéré et qu’il rentre en Côte d’Ivoire…» (interview intégrale avec france24)

Voici l’intégralité de l’interview du président Bédié sur France24 du jeudi 13 décembre 2018.

Que peut-on dire aujourd’hui de votre alliance avec Alassane Ouattara ?
Le Rhdp qui date de 2005, qui a été créé en 2005 à Paris, n’existe plus. Nous nous sommes séparés, après beaucoup de divergences qu’il serait long d’énumérer ici.

On peut affirmer sans détour et sans se tromper que vous n’êtes plus l’allié d’Alassane Ouattara et qu’un point de non retour a été atteint entre vous ?
Je le répète, nos partis fonctionnent séparément, conformément aux instructions de leurs organes statutaires.

C’est quand même un tournant majeur dans l’histoire politique de la Côte d’Ivoire, parce que cette alliance, elle est là depuis 13 ans.
C’est important, mais il y a des précédents. Les alliances se font et se défont.

Monsieur le président, vous n’avez pas assisté à la messe de commémoration pour les 25 ans de la mort de Houphouet Boigny à Yamoussoukro. On a affirmé que vous aviez eu un malaise, certains pensent que vous ne vouliez pas voir Alassane Ouattara. Quelle est la raison de votre absence?
La réponse, c’est que j’étais dans un état de fatigue. Et en plus de ce que la route qui mène de Daoukro à Yamoussoukro est en très mauvais état, je n’ai pas voulu en rajouter.

Donc, ce n’est pas un malaise politique, ce n’est pas parce que vous ne vouliez pas voir le président Alassane Ouattara ?
Non, ce n’est pas un malaise politique, ce n’est pas non plus un malaise technique, comme on l’a annoncé à Yamoussoukro. C’était simplement que j’en ai été empêché.

Est-ce que vous parlez encore au président Ouattara, votre dernière entrevue date du mois d’août ? Vous vous parlez ou vous ne voulez plus lui parler parce que, aujourd’hui, vous l’avez expliqué, chacun suit son propre chemin?
Non. Nous nous parlons. Lorsque le président Ouattara ne m’a pas vu à Yamoussoukro, à cause du malaise technique, comme on l’a dit, le soir même en rentrant à Abidjan, il m’a téléphoné pour savoir comment j’allais. Et nous avons échangé cordialement.

Est-ce que vous considérez qu’il a trahi le pacte que vous affirmez avoir passé avec lui lorsque vous avez accepté de ne pas être candidat lors de la dernière élection en 2015, un pacte selon lequel le candidat pour la prochaine élection prévue en 2020 serait issu de votre parti. Un pacte que lui affirme et continue d’affirmer qu’il ne vous a jamais fait cette promesse. Qui ment ?
Je n’emploierais pas des mots forts comme trahir. Je dirai qu’il y a eu des manquements au bon déroulement de notre alliance. Effectivement, le problème de l’alternance au profit du PDCI-RDA est un de ces problèmes. Mais il y en a d’autres. Il y a surtout la volonté de vouloir créer un nouveau parti, le parti unifié Rhdp. Et qui se fait selon leur volonté sans désirer véritablement la participation du PDCI-RDA.

Est-ce que vous avez l’impression qu’Alassane Ouattara et son parti vous ont manqué de respect ?
Je ne sais pas si cela s’appelle le respect. Mais, effectivement, on n’a manqué de tenir compte du poids du PDCI-RDA dans l’alliance. Et le rôle essentiel qu’il a joué dans l’avènement d’Alassane Ouattara au pouvoir à la magistrature suprême en Côte d’Ivoire. Et de tous les sacrifices que j’ai consentis avec le PDCI-RDA pour qu’il soit à la tête de l’Etat.

Vous regrettez d’avoir été gêné ou roulé par Alassane Ouattara ?
Après coup et maintenant, je le regrette.

En 2020, le PDCI-RDA, si je suis votre logique, aura son candidat.
En 2020, nous mettrons à exécution l’ambition de réussir une alternance au profit du PDCI-RDA. Et c’est en 2019 qu’une convention nationale du PDCI-RDA se tiendra pour désigner le candidat du PDCI-RDA à cette élection présidentielle de 2020.

Évidemment une question nous brûle les lèvres. Vous aviez affirmé que vous ne seriez pas candidat en 2020. Etant donné que l’équation politique a changé, est-ce que vous serez candidat en 2020 à la présidence de la République?
Nous n’avons jamais fait connaître qui sera candidat du PDCI en 2020.

Mais aviez dit que vous ne seriez pas…
Non plus. Nous avons toujours dit que c’est la Convention du parti qui désignera le candidat du PDCI-RDA.

Vous avez dit dans Jeune Afrique que non je ne me présentais pas parce que je ne suis plus si jeune.
C’était une évaluation de l’époque du moment.

Ça a changé donc…
Voilà. Je ne dis pas aujourd’hui que je serai candidat. Mais je dis que c’est la Convention du PDCI qui choisira le candidat.

Donc vous serez candidat à la candidature comme on dit?
Il se pourrait que ce ne soit pas moi.

Il se pourrait que ce soit vous…
Il se pourrait que ce soit moi.

https://youtu.be/wWkQy1bOV5M

Vous avez parlé plus largement, après donc votre rupture qui est maintenant claire et nette avec Alassane Ouattara et son parti, de créer une plate-forme. Avec quels partis ? Est-ce que ça veut dire Guillaume Soro, le président de l’assemblée nationale qui flotte un peu ou avec le parti de Laurent Gbagbo, le Fpi, avec qui vous êtes prêt à vous allier contre Alassane Ouattara ?
Nous pensons qu’après la rupture de notre alliance, à la demande de plusieurs autres partis politiques qui m’ont sollicité, nous pensons prendre la tête de la formation d’une nouvelle plate-forme plus vaste. Comprenant tous les partis politiques qui partagent les valeurs de la non-violence, les valeurs de la tolérance, les valeurs de l’Etat de droit.

A propos de réconciliation, est-ce que ça inclut le Fpi de Laurent Gbagbo, est-ce que vous lui avez envoyé des messages à La Haye où il est actuellement? Est-ce que ça inclut Guillaume Soro, je comprends votre philosophie…
C’est la souhait de tous ceux que vous venez de citer.

Ils vous l’ont dit ?
Ils me l’ont dit.

Est-ce que Laurent Gbagbo vous a fait parvenir un message en ce sens qu’il veut créer une nouvelle coalition avec vous ?
Actuellement, il est informé de ce que nous étions en train de mettre en place une nouvelle plate-forme et il m’a donné son accord pour contacter le Fpi.

Est-ce que Guillaume Soro pourrait faire partie de cette alliance ?
Il n’y a pas à l’exclure s’il désire rejoindre cette formation.

La main est donc tendue ?
La main est tendue.

Dernière question monsieur le président, on arrive à la fin de cette interview. Laurent Gbagbo est en procès à la Cour pénale internationale depuis de longues années. Est-ce que vous êtesen faveur de son acquittement ?
Je pense que cela fait 7 ans que Laurent Gbagbo est en prison à La Haye. Quelques soient les crimes qu’il a commis, je pense que 7 ans, ça suffit pour la justice. Et je pense que, comme son procès tire à sa fin, j’espère vivement qu’il soit libéré. Qu’il retrouve la liberté. Sa liberté.

Et qu’il rentre en Côte d’Ivoire ?
Et qu’il rentre en Côte d’Ivoire.

Propos retranscrits par Gilles Richard Omael.

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