C.I./ AFFAIRE « KKB VIOLE UNE ARTISTE »: Le juge Grah Ange Olivier contredit le ministre de la réconciliation ( Eclairage)

Il ressort du fait que l’artiste camerounaise vous accuse de l’avoir violée et de ce qu’elle a essayé de saisir les autorités compétentes pour que Justice lui soit rendue, que sa responsabilité pénale n’est susceptible d’être engagée que sur la base de l’infraction de dénonciation calomnieuse prévue à l’article 446 du Code pénal et non de celle de diffamation prévue par l’article 90 de la loi sur la presse qui ne concerne pas les dénonciation pénales.
La conséquence c’est que vous ne pourrez introduire une quelconque plainte contre votre accusatrice que dans l’hypothèse où vous auriez définitivement été mis hors de cause quant à l’accusation portée contre vous. L’absence de mise en place de la Haute de Justice qui vous garantit l’impunité, vous empêche également eu égard aux dispositions de 446 de poursuivre la plaignante puisqu’il est juridiquement et judiciairement impossible de vous mettre hors de cause, condition exigée par la loi pour que vous puissiez introduire une plainte.
Ce qui est scandaleux, Monsieur le Ministre, c’est que vous, qui vous réfugiez bénoîtement derrière l’impunité que vous garantit l’exercice de vos fonctions en refusant de démissionner, comme vous y l’y invite pourtant de façon impérative la Charte de bonne conduite adoptée par le Gouvernement auquel vous participez, n’ayez pas la décence morale de vous abstenir de vous prévaloir d’un droit que vous déniez à votre accusatrice par votre comportement. Lorsqu’on fait tout pour se soustraire au glaive de la Justice, on se doit moralement d’éviter d’agir pour que les autres y soient soumis.
Il n’est pas étonnant dans un pays où des quidams sont protégés, sans état d’âme, par les plus hautes autorités alors qu’ils ont tués, décapité et brûlé des citoyens, que vous, un Ministre de la République, ne soyez nullement menacé de révocation, malgré les nombreux éléments de preuves dont l’authenticité n’est point attaqué qui foisonnent sur les réseaux sociaux. Ce qui serait étonnant, c’est que ces autorités qui ont poussé le cynisme, jusqu’à accuser et faire emprisonner les victimes de leurs barbaries, vous abandonnent dans l’expression de la faillite morale que constitue votre plainte, vu que vous ne faites que marchez dans leurs pas. Dire que de telles personnes ont eu le courage d’adopter un code bonne conduite.
Les ivoiriens ne seront pas surpris d’apprendre que malgré l’impossibilité légale d’ouvrir une procédure pour dénonciation calomnieuse, la victime se retrouve derrière les barreaux ou expulsée du pays, comme la rumeur l’annonce, pendant que vous le bourreau plastronnez sur les plateaux de télévision comme vous l’avez fait hier en proclamant votre sérénité. Comment il peut en être autrement, quand vous avez la certitude de votre impunité et de l’autorisation du Chef de l’Etat pour violer sans aucun risque, toutes les femmes que vous voudrez. Ca ne sera que quelques injustices de plus pour un régime qui en a fait sa marque de fabrique.
UN TEXTE DU JUGE GRAH ANGE OLIVIER.

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