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3ème MANDAT PRÉSIDENTIEL EN CÔTE D’IVOIRE  : Après son  » NON » à Ouattara, Cissé Bacongo se rétracte  (Déclaration)

Cissé Bacongo, juriste et cadre du RHDP, qui avait déclaré que le Président Alassane Ouattara était inéligible pour un 3ème mandat à une élection présidentielle en Côte d’Ivoire, a pris le contre-pied de sa position, dans cette déclaration qu’il a rendue publique.  Voici de larges extraits de sa déclaration.

 DECLARATION

Il est heureux de constater que le PDCI-RDA, si ce n’est sa nomenklatura insensible au temps qui passe et nostalgique de ses heures de gloire, et les Gardiens du Temple du FPI, qui avaient pris en otage le débat politique, aient consenti, enfin, à le libérer. Le premier a fini par renoncer à exiger une impossible et improbable alternance en 2020, qui lui aurait été promise. Ainsi, malgré ses lieux communs, ses manifestations convenues, ses mises en scène et autres orchestrations manquant souvent d’originalité, «l’Appel de Daoukro» n’a pas permis de faire avaler la pilule de l’alternance en 2020, la supercherie ayant été découverte. Quant au second, le retour du Président Laurent GBAGBO ne relève plus seulement de l’ordre d’une hypothétique révélation, mais apparaît et est vécue, depuis, comme une réalité tangible. Moyennant quoi, dans la perspective de la prochaine élection présidentielle, l’offre politique n’est plus parasitée par les prises de positions sur «l’alternance en 2020» et «la libération de Laurent Gbagbo». Celle qui est faite actuellement par l’opposition, il est vrai sans conviction, pour tenter de convaincre d’être une alternative crédible, est articulée, essentiellement, autour des thématiques de l’éligibilité ou non du Président du RHDP, le Président Alassane Ouattara, à l’élection présidentielle d’octobre 2020 et de la recomposition ou la réorganisation totale de la Commission Electorale Indépendante (CEI). Sans être grand clerc en analyse politique, on peut affirmer que ces thématiques sont loin de figurer au nombre des préoccupations des ivoiriens. Elles prouvent que l’opposition, ses caisses de résonnance avec elle, est, manifestement, désaxée, hébétée et en panne sèche d’offre politique, face au bilan du pouvoir en place.

Concernant le premier sujet, on se souvient que dans l’interview qu’il a accordée à l’hebdomadaire Panafricain Jeune Afrique, dans sa livraison du 3 au 9 juin 2018, le Président de la République avait déclaré « (…) La nouvelle Constitution m’autorise à faire deux mandats à partir de 2020. Je ne prendrai ma décision définitive qu’à ce moment-là, en fonction de la situation de la Côte d’Ivoire. La stabilité et la paix passent avant tout, y compris avant mes principes». Il n’en a pas fallu plus pour que la Toile s’embrase, la presse écrite avec, au moyen du combustible de déclarations théâtralement indignées et de prises de positions véhémentes mimées, fondées le plus souvent sur des confidences improbables, des messes basses suspectes et des rumeurs suffocantes. Dans cette mêlée digne d’un match de rugby, une interview accordée à une Web-TV, lors de la campagne référendaire de 2016, est mise en ligne, comme la preuve absolue ou ontologique de l’inéligibilité du Président de la République à l’élection d’octobre 2020. En effet, dans cet élément filmé, l’auteur du présent papier avait affirmé, en même temps que d’autres membres du Comité des Experts, que l’article 183 de la nouvelle Constitution constituait une preuve, parmi bien d’autres, que le Président de la République n’envisageait pas de se présenter à l’élection présidentielle de 2020.

Comme il a tenu, par intégrité intellectuelle, à le souligner dans un précédent papier, cette lecture faite de l’article susvisé par les membres du Comité d’Experts n’était, ni plus, ni moins qu’un avis susceptible d’avis contraires. C’est dire que toute personne, ivoirien ou non, juriste ou non, a le droit d’exprimer sa compréhension ou de donner son interprétation des dispositions de la Constitution, qui s’y prêtent, pourvu qu’elle en ait les ressources intellectuelles, scientifiques et techniques, au risque d’ajouter à la cacophonie et au vacarme général. Plus encore, le débat intellectuel, notamment en régime démocratique, doit être mené avec humilité, dans le doute constant, en ayant l’esprit de partage et le sens de la nuance, sans angoisse, ni crise intérieure, ni prévention et dans la sérénité.

Qu’on comprenne bien la posture de tous les contradicteurs sur la Toile. Ils tentent vainement de convaincre que le fin mot sur le sujet se trouve dans l’avis de CISSE Ibrahim Bacongo, qu’ils élèvent généreusement, au passage, au rang d’éminent juriste constitutionnaliste, pour les besoins de leur cause, pour avoir la conscience tranquille de le vouer aux gémonies après sa mise au point. Mais, qu’ils se ravisent. L’auteur du présent papier n’est pas fait de la même cire que ceux dont les convictions, l’engagement et les ferveurs politiques varient au gré des contingences matérielles immédiates.

 Que CISSE Ibrahim Bacongo reconnaisse qu’il n’a pas pu clore le débat, s’il a jamais eu cette prétention ou celle d’avoir dit quelque vérité axiomatique ne saurait être considéré comme un rétropédalage de sa part. Tous les Prédicateurs chaleureux de la Toile doivent confesser à leurs fidèles de la Toile que les membres du Comité des Experts n’ont pas prêché quelque parole d’Evangile ou vérité révélée. Pour preuve, de nombreux avis ou positions contraires ont été publiées depuis, aussi bien dans la presse écrite que sur la Toile.

Ainsi, Monsieur SOUMAREY Pierre Aly, Professeur de Droit, pour ne citer que lui, vient de publier, sur Facebook, une position fort argumentée et cohérente, sans effet de manches, ni aucune mise en scène théâtrale, qui prend le contrepied de celle de Bléou Martin, ci-devant Dieu le Fils vivant de Dieu le Père en qui Dieu le Saint Esprit a mis le souffle du Droit. Il en a toujours été ainsi, en droit comme d’ailleurs dans les tous domaines de la connaissance, y compris les disciplines de la science dite dure. Les mathématiciens et les physiciens sont logés à la même enseigne du débat critique… Averoès vs Thomas d’Aquin, Albert Einstein, père de la relativité générale, vs Alain Aspect, prodige de la relativité restreinte, etc.

Fort heureusement, dans le cas prosaïque qui nous concerne, pour départager les protagonistes, il n’est nullement besoin de faire appel au Ciel. Le juge constitutionnel, qu’est le Conseil du même substantif, est l’arbitre du jeu. Il lui appartient, seul, de prendre, en dernier ressort, la décision qui s’impose à tous, au regard des textes applicables en l’occurrence et selon son intime conviction, sans se laisser influencer par quelque avis, qu’il soit juridique ou politique. Donc, «A César, ce qui est à César !» Laissons au Conseil Constitutionnel le soin de trancher, le moment venu, la question de l’éligibilité des candidats à la prochaine élection présidentielle, sans lui faire de procès d’intention, par prévention.

(…)

Comme on peut le noter, l’opposition constituée donne l’impression d’être groggy et de ne plus trop savoir quoi dire, ni quoi faire, malgré ses critiques sur la gouvernance du pays qu’elle a du mal à articuler et à rendre audibles et crédibles. (…)

La thématique de l’éligibilité ou non du Président Alassane Ouattara apparait ainsi comme l’ultime planche de salut de l’opposition pour accéder au pouvoir d’Etat. Or, le combat qu’elle mène sur ce terrain, en forme d’offre politique, est loin d’être gagné. Car, à l’ère du numérique, les Peuples du nouveau monde dans lequel nous vivons ne sont plus dupes. A longueur de journées et de nuits, ils communient et communiquent, en temps réel et dans la cohue, sur Facebook, WhatsApp, Viber, Tweeter, Instagram et autres réseaux sociaux. Désormais, ils savent faire la part des choses. Ils savent reconnaitre les marchands d’illusions, qu’ils appellent «les VI», sans vision et ayant pour seul projet de se hisser au sommet de l’Etat et ceux qui ont une vision et des rêves à partager avec eux et dont l’action politique a un impact tangible sur leur vécu quotidien. Ils attendent des hommes politiques qui ambitionnent de présider à leur destinée des réponses efficaces aux problèmes concrets qui se posent à eux, notamment en termes d’autonomisation des femmes, d’accès à l’eau potable et à l’électricité, d’alphabétisation, d’éducation-formation, d’emploi et de protection sociale, d’environnement, d’infrastructures socio-économiques, de santé, de sécurité, en un mot de bien-être individuel et collectif. Désormais, nul ne peut les distraire avec des recettes politiques datées et obsolètes reposant sur le déni, l’intox et la propagande.

Dès lors, plutôt que de s’éreinter, vainement, dans un débat sur l’éligibilité ou non d’un candidat, qui sera tranché, en dernier ressort, par le Conseil Constitutionnel, l’opposition gagnerait à présenter aux ivoiriens une offre politique alternative cohérente et crédible, pour les convaincre et espérer recueillir leurs suffrages. Faute de quoi, il y a lieu de craindre que ses rodomontades sur des sujets à la marge et très éloignés des préoccupations des ivoiriens, preuve qu’elle est en panne sèche, la perde définitivement, au détriment de la Démocratie…

CISSE Ibrahim Bacongo

 

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