Face à la controverse née sur les réseaux sociaux au sujet de l’authenticité du Djidji Ayôkwè, l’ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, Maurice Bandama, est monté au créneau ce lundi 23 février 2026 pour dissiper toute confusion.
Selon le diplomate, il est indispensable de distinguer le Djidji Ayôkwè des autres tambours traditionnels fabriqués dans le sud lagunaire de la Côte d’Ivoire. Il rappelle que des instruments de morphologie similaire existent et continuent d’être produits chez les peuples Ébrié, Adjoukrou ou encore Agni. Toutefois, la ressemblance ne saurait suffire à établir une identité patrimoniale.
L’ambassadeur insiste notamment sur le fait que l’instrument visible sur certaines images circulant en ligne y compris celui sur lequel serait assis « le fils du colon » ne correspond pas au Djidji Ayôkwè. Pour éviter tout amalgame, il préconise une analyse iconographique rigoureuse.
Revenant sur le contexte historique, Maurice Bandama rappelle qu’à l’époque coloniale, plusieurs tambours symboles de résistance ont été retirés des communautés locales. Certains se trouvaient dans la cour de l’administrateur Pierre Simon, parfois mentionné sous le nom de Marc Simon dans certaines archives.
Parmi ces instruments figuraient des tambours d’appel à la guerre, des tambours de mobilisation communautaire ainsi que les célèbres Klinpli de Tiassalé. Certains auraient été détruits, d’autres détériorés par les intempéries.
Maurice Bandama apporte des clarifications sur l’authenticité du Djidji Ayôkwè
Le Djidji Ayôkwè, lui, a connu un autre destin. Transporté par voie maritime vers la France, il a été conservé au Musée de l’Homme, à Paris. Sa dernière présentation publique remonterait aux années 1980.
Ancien ministre de la Culture, Maurice Bandama explique que ce sont les images conservées et présentées en Conseil des ministres qui ont conduit les autorités ivoiriennes à en faire un symbole prioritaire dans les démarches de restitution patrimoniale. Le chef de l’État aurait ainsi décidé que le Djidji Ayôkwè soit le premier objet emblématique à revenir au pays.
Face aux accusations de falsification, l’ambassadeur se veut catégorique : l’objet actuellement en possession des autorités ivoiriennes est authentique.
Il met en avant un argument technique majeur : le tambour est monoxyle, sculpté dans un seul tronc d’arbre. « Il est fait d’un seul tenant, de bout en bout. Ce ne sont pas des morceaux collés », insiste-t-il.
Bien que l’instrument ait bénéficié d’une restauration une intervention jugée normale après plus d’un siècle de conservation et d’exposition aux aléas climatiques sa structure originelle n’aurait subi aucune altération majeure, d’après abidjan.net.
S.A
