Le 24 février 1966, le président ghanéen Kwame Nkrumah est renversé, sans aucune résistance, par un coup d’État militaire et policier alors qu’il est en voyage en Chine. Ce putsch est facilité, selon des documents déclassifiés par la CIA américaine et le Secret Intelligence Service britannique.
Le coup d’État militaire s’explique par une situation économique et politique dégradée : la dette extérieure insupportable, l’épuisement des réserves nationales, les pénuries, le chômage, la dévaluation de la monnaie de même que la dérive totalitaire du Convention People Party (CPP) du Président Nkrumah.
Kwame Nkrumah, né le 21 septembre 1909 à Nkroful alors Côte-de-l’Or et actuel Ghana, figure majeure de l’indépendance et du panafricanisme a dirigé le Ghana de 1957 à 1966, d’abord comme Premier ministre puis comme président.
Dès le lendemain du coup d’État le Conseil national de libération (CNL) dirigé par Joseph Arthur Ankrah (1915 –1992) suspend la Constitution ghanéenne de 1960 puis, celui-ci est établi deuxième chef d’État du Ghana de 1966 à 1969.
Alors déclaré persona non grata au Ghana par le nouveau régime, Nkrumah, figure emblématique du panafricanisme se réfugie en Guinée chez son ami Sékou Touré où il poursuit son combat intellectuel pour l’unité africaine en publiant ses théories révolutionnaires et ses livres sur l’Unité africaine.
Il meurt dans un hôpital de Bucarest (république socialiste de Roumanie), le 27 avril 1972 à la suite d’un cancer de l’estomac sans jamais être retourné dans son pays.
