16 février 1992 – 16 février 2026
Il y a 34 ans, se déroulait la « marche de l’espoir » à Kinshasa

Le 16 février 1992, des milliers de manifestants chrétiens de toutes confessions ainsi que des mouvements citoyens et des partis d’opposition comme l’UDPS participent à la « Marche de l’espoir » à Kinshasa.

En effet, La Conférence nationale souveraine (CNS), ouverte en février 1991, visait à analyser la situation politique du pays et à ouvrir la voie à la démocratie au Zaïre (actuelle RDC). Sa fermeture, jugée injustifiée par une large partie de la population et de l’Église, va engendrer la « marche de l’espoir », organisée par des intellectuels chrétiens catholiques regroupés au sein du Comité laïc de coordination, pour exiger la réouverture de la CNS, fermée en janvier 1992 par le Premier ministre Nguz-a-Karl-i-Bond.

Malgré le caractère pacifique de la marche (bougies, rameaux, chapelets, consignes de non-violence), la manifestation est violemment réprimée par l’armée, avec des tirs à balles réelles. Le bilan humain reste incertain : les autorités parlent de 13 morts, tandis que des sources indépendantes évoquent plusieurs dizaines de victimes. Des témoignages font état de la disparition de corps, rendant tout décompte précis impossible.

La répression choque l’opinion nationale et internationale. Des organisations de défense des droits humains et le Département d’État américain condamnent le massacre. Sous la pression interne et extérieure, le régime de Mobutu Sese Seko (président de la RDC de 1965 à 1997) est contraint de rouvrir la CNS le 6 avril 1992.

La marche du 16 février est l’une des plus grandes manifestations populaires depuis l’indépendance du pays en 1960 et considérée aujourd’hui comme un moment clé de la lutte pour la démocratie en RDC, symbole de l’engagement citoyen et chrétien. Toutefois, elle n’a jamais été officiellement reconnue par l’État comme journée commémorative, malgré des appels récurrents à faire du 16 février une « Journée nationale des martyrs de la démocratie ».