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Guerre au Moyen-Orient : l’escalade s’intensifie au 35e jour du conflit

Au 35e jour de la guerre au Moyen-Orient, les tensions continuent de s’aggraver avec une multiplication des attaques, des menaces directes et une extension progressive du conflit à plusieurs pays de la région.

Le président américain Donald Trump a haussé le ton en menaçant de nouvelles destructions d’infrastructures civiles en Iran. Dans un message publié sur son réseau Truth Social, il a évoqué la possibilité de viser des ponts et des centrales électriques, affirmant que l’armée américaine n’avait pas encore pleinement engagé ses capacités. Cette déclaration intervient après une frappe contre un pont en construction près de Téhéran, qui aurait fait huit morts civils selon des médias iraniens.

Dans le Golfe, le Koweït a annoncé être la cible d’attaques de missiles et de drones. L’armée koweïtienne a précisé que ses systèmes de défense aérienne étaient en action pour intercepter ces menaces, indiquant que les explosions entendues provenaient de ces interceptions.

Parallèlement, Israël a activé ses systèmes de défense anti-aérienne après avoir détecté des missiles tirés depuis l’Iran. L’armée israélienne a appelé les populations concernées à se mettre à l’abri. Selon des sources iraniennes, les Gardiens de la Révolution auraient lancé des missiles de longue portée en direction de Tel-Aviv et de la station balnéaire d’Eilat, dans le sud du pays.

La situation humanitaire suscite également de vives inquiétudes, notamment au Liban. La directrice générale de l’Organisation internationale pour les migrations, Amy Pope, a évoqué des risques « très alarmants » de déplacements massifs et prolongés de populations, en raison de l’ampleur des destructions et des menaces persistantes.

De son côté, l’Iran affirme avoir mené des attaques ciblées contre des intérêts américains et israéliens dans la région. Selon la télévision d’État, des installations industrielles et militaires liées aux États-Unis dans le Golfe, notamment à Abou Dhabi et à Bahreïn, ainsi que des sites israéliens, auraient été visés. Des centres de données appartenant à des entreprises américaines auraient également été ciblés, selon des sources proches des Gardiens de la Révolution.

Dans ce contexte d’escalade régionale, les rebelles houthis du Yémen ont revendiqué une quatrième attaque de missiles contre Israël. L’armée israélienne avait auparavant indiqué avoir détecté un tir en provenance de la péninsule arabique.

En Irak, une attaque de drone a visé le centre diplomatique et logistique américain situé dans l’enceinte de l’aéroport international de Bagdad. L’ambassade des États-Unis a mis en garde contre d’éventuelles attaques imminentes de groupes armés pro-iraniens dans la capitale.

Face à ces développements, l’Organisation des Nations unies exprime une inquiétude croissante. Le chef des opérations humanitaires, Tom Fletcher, redoute un conflit prolongé dans le sud du Liban entre Israël et le Hezbollah, avec des conséquences graves sur la stabilité et la cohésion nationale du pays.

Sur le plan international, la tension se cristallise également autour du détroit d’Ormuz. Une quarantaine de pays appellent à sa réouverture immédiate et inconditionnelle, accusant l’Iran de perturber l’économie mondiale. Un projet de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU, qui pourrait autoriser l’usage de la force pour sécuriser ce passage stratégique, a toutefois été reporté sans nouvelle date.

Dans l’ensemble, ces développements témoignent d’une intensification rapide du conflit, avec un risque croissant d’embrasement régional durable.

 

Par AMINATA S.