D’après fratmat info, La question de la confiance du public dans les médias à l’ère des contenus automatisés était au centre des échanges lors de la Conférence internationale de la presse francophone (Cipref), qui se tient du 21 au 25 janvier à Libreville, au Gabon.
La deuxième journée des travaux a été marquée par un panel consacré au thème : « Éthique, véracité et transparence : comment préserver la crédibilité de la presse écrite, audiovisuelle et numérique à l’ère de l’intelligence artificielle ? » Deux journalistes expérimentés ont animé les débats : l’Ivoirien Cyprien Kouassi, membre de l’Union de la presse francophone (Upf) section Côte d’Ivoire, et le Sénégalais Abdou Kadré Seck.
Intervenant en premier, Cyprien Kouassi a invité les journalistes à un retour aux fondamentaux du métier, face à la prolifération de l’information et de la désinformation sur les réseaux sociaux. Il a souligné que le respect de l’éthique et de la déontologie demeure essentiel pour maintenir la confiance du public.
Pour le journaliste ivoirien, la vérification des faits constitue l’outil le plus efficace contre l’intoxication informationnelle. Il a encouragé les rédactions à renforcer leurs dispositifs de fact-checking, rappelant que cette pratique concerne aussi bien les textes que les images et les vidéos.
S’appuyant sur l’expérience ivoirienne, il a cité l’Agence ivoirienne de presse (AIP) et le quotidien Fraternité Matin, qui ont mis en place des cellules dédiées à la vérification de l’information. « À l’ère des contenus automatisés, le fact-checking n’est plus une option, mais une nécessité », a-t-il affirmé.
De son côté, Abdou Kadré Seck a estimé que l’intelligence artificielle ne doit pas être perçue comme une menace pour le journalisme. Selon lui, utilisée avec discernement, elle peut renforcer la rigueur professionnelle et améliorer la qualité des productions médiatiques.
Il a expliqué que l’IA permet notamment d’analyser de grandes bases de données et de détecter des tendances difficiles à identifier manuellement, tout en offrant un gain de temps appréciable aux rédactions. Toutefois, a-t-il insisté, l’outil technologique doit rester sous la supervision du journaliste, seul garant de la véracité et de l’éthique de l’information.
Les travaux de la Cipref se poursuivent jusqu’au 25 janvier. Une réflexion prospective est prévue le 24 janvier sur l’avenir et l’orientation de cette rencontre internationale, afin de l’adapter aux nouveaux défis du journalisme contemporain.
S.A
