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Depuis Daoukro, Guillaume Soro, après s’être engagé pour la plateforme, fait encore des révélations: «Je ne pouvais pas trahir le président Bédié, mon protecteur»

Depuis Daoukro, Guillaume Soro, après s’être engagé pour la plateforme, fait encore des révélations: «Je ne pouvais pas trahir le président Bédié, mon protecteur»

L’ex-président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, affirme avoir démissionné du perchoir parce militer au Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp, la coalition au pouvoir), serait « trahir » sa conviction, lors d’une visite, samedi, au président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) Henri Konan Bédié à Daoukro (Centre-est).
« Je ne pouvais pas militer au Rhdp, ça serait trahir ma conviction et le président Henri Konan Bédié » dont « je suis le protégé », a expliqué Guillaume Soro à la résidence du président du Pdci à Daoukro.
Selon M. Soro « il ne fallait pas se précipiter pour créer le Rhdp unifié (parti au pouvoir) » car « créer le Rhdp unifié sans le Pdci (ex-allié de taille) reviendrait à créer le Rhdp unifié contre le Pdci et ceci risquerait de mettre en péril la tranquillité des Ivoiriens ».
Le Pdci qui n’a pas pu obtenir l’alternance politique au sein du Rhdp, s’est retiré du processus de création du Parti unifié Rhdp. Notre objectif, soulignera Guillaume Soro, « n’est pas de creuser la haine » mais d’ « apporter le réconfort et l’apaisement».
« Dans le projet de création du Rhdp, le président de la République m’a reçu et m’a demandé de rendre ma démission si je n’acceptais pas de militer au sein du Rhdp », a révélé Guillaume Soro, vêtu en costume bleu sombre, debout devant un micro.
« Il n’était pas opportun de m’accrocher à un poste à la présidence même si cela aurait pu être légitime (…). Je me suis dit, pour la paix pour mon pays, même si je considère que c’est injuste, j’accepte de démissionner pour garder la paix en Côte d’Ivoire », a-t-il dit.
L’ancien Premier ministre a indiqué n’avoir pas voulu par son attitude s’accrocher à la présidence du Parlement et « créer une crise institutionnelle déstabilisante pour le pays ». C’est pourquoi il a « sacrifié ce poste » d’autant plus que « les postes passent, mais la fraternité et l’amour demeurent ».
« Je suis désormais un homme libre de discuter de toutes les questions qui touchent à la Nation », a -t -il poursuivi, présentant le Comité politique dont il est le président, tout en insinuant que ce n’est pas un parti mais un cadre sui generis (propre à une chose) pour réfléchir à l’avenir de la Côte d’Ivoire.
Revenant sur la cache d’armes de guerre découverte au domicile de son chef de protocole, Souleymane Kamaraté dit Soul To Soul, à Bouaké dans le Centre ivoirien, en mai 2017, M. Soro a regretté les intentions qu’on lui prêtait de vouloir faire un coup d’État.
M. Soro a salué le président du Pdci qui l’a soutenu, arguant que son « protégé » ne pouvait pas faire un coup d’État à Ouattara, alors que M. Bédié était « détaché et loin des faits ». Il a en outre déploré les mêmes attitudes tenues à son encontre à la suite de la mutinerie militaire.
Élu en janvier 2017 président de l’Assemblée nationale ivoirienne avec 95% des voix des députés, grâce à l’« entente politique » de MM. Ouattara et Bédié, Guillaume Soro a démissionné le 8 février 2019, lors d’une session extraordinaire. Il demeure toujours le député de Ferkéssédougou (extrême nord).

AP/ls/APA

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