A 43 ans révolus, Jules Vanie Bi Ganhoun est déclaré persona non grata dans son pays la Côte d’Ivoire depuis 2023. Son crime n’est rien d’autre que son engagement politique et son accointance avec le parti de l’ancien président Laurent Gbagbo.
En effet, en 2023, Vanié Bi Ganhoun se met à signaler publiquement une injustice sociale dans la ville ivoirienne de Bouaké, au centre du pays. Il s’agissait d’une opération d’expulsion des résidents de la cité CNPS de cette ville, la troisième de la Côte d’Ivoire.
Dans l’une de ses publications en date du 16 janvier 2023, l’Agence Ivoirienne de Presse (AIP) faisait état de ce que 240 familles qui occupaient cette cité devaient déguerpir. Ce, en dépit du fait que certaines villas avaient été vendues à leurs occupants entre 1994 et 1999. Un processus de vente qui avait été interrompue en raison du coup d’État de 1999 et de la crise de 2002 qui s’était muée en rébellion armée dans le pays.
Nonobstant les démarches des résidents pour la reprise du paiement des loyers et la rétrocession des logements, aucune solution n’avait été conclue. Les occupants avaient finalement reçu des sommations d’huissier leur demandant de libérer les logements en question, sous prétexte de réhabilitation. Face à cette situation, les résidents ont sollicité l’intervention du président de la République, Alassane Ouattara. Il se disait aussi que cette cité aurait été cédée à la Société Immobilière AICI, qui serait la propriété de la Première dame de Côte d’Ivoire, Dominique Ouattara.

Vanié Bi Ganhoun, qui y a vu un abus de pouvoir, décide alors de dénoncer publiquement cette affaire. Lorsque, en février 2025, il met les pieds en France pour des vacances, Vanié Bi Ganhoun fait publier une vidéo dénonçant cette situation, une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. C’est à la suite de cela qu’il va recevoir des menaces de mort émanant de militants du RHDP, le parti au pouvoir en Côte d’Ivoire, de même que de personnes en civils se présentant comme des forces de l’ordre.
Du coup, Vanié Bi Ganhoun s’est vu obliger de quitter son pays la Côte d’Ivoire afin d’échapper à la répression politique du régime ivoirien. Une décision cornélienne, d’autant qu’il est père de quatre enfants, des étudiants et élèves, dont il assume la scolarisation. Des menaces visaient explicitement son engagement politique, ce qui le contraint à rester en France, espérant un changement de régime en Côte d’Ivoire. Sauf que les dernières élections législatives ivoiriennes, qui sont loin d’être démocratiques, ont renforcé le pouvoir d’Abidjan. Toute situation qui éloigne tout espoir de retour au pays de Vani Bi Ganhoun Jules.
Par André SEL
